Tombé(s) du ciel
Après la disparition de son compagnon Antoine, Paul est convaincu de ne plus pouvoir retrouver l'Amour. Quand il tombe sous le charme de Valentin, un jeune provincial sans complexe, tout son entourage décide de s'en mêler ! Sans compter qu'Antoine semble ne pas l'avoir vraiment quitté... Paul acceptera-t-il ce cadeau tombé du ciel ?
2.5MI-FIGUE MI-RAISIN

Après le décès de son compagnon Antoine, Paul est convaincu de ne plus pouvoir retrouver l’amour l’envie d’aimer. Mais c’est sans compter sur l’arrivée de Valentin fraîchement débarqué de sa campagne natale. Tout ça sous le regard d’Antoine qui n’arrive pas à passer de l’autre côté… Sur le papier TOMBÉ(S) DU CIEL intrigue : une comédie romantique – gay plus est – sur fond de surnaturel c’est plutôt original au théâtre. Et plutôt casse-gueule aussi, le mélange des genres étant bien souvent voué à l’échec si l’équilibre n’est pas respecté. Tâche ardue que peine à relever l’auteur-interprête Jérome SANCHEZ avec une pièce pas dénuée d’intérêt mais qui manque un peu sa cible…

CHERCHER L’ÉMOTION SANS LA TROUVER

Est-il possible de retomber amoureux après la mort de sa moitié sans avoir le sentiment de la trahir. Thématique universelle abordée ici avec plus ou moins de réussite. Il faut dire que tenter de divertir avec cette histoire pas franchement gaie n’est pas évident. Je dois avouer que j’ai eu peur sur le premier quart d’heure : entre clichés et interprétation approximative je me suis dit que ça allait être long. Puis, petit à petit, j’ai été pris par l’histoire et l’écho qu’elle a fait résonner en moi. Pour autant je n’ai jamais réussi pleinement à rentrer dedans à cause d’un manque d’émotion et de crédibilité dans l’écriture. L’histoire est un peu téléphonée et je n’ai pas particulièrement apprécié le personnage de Paul et son interaction avec Antoine et un Valentin un peu caricatural quand même. Il manquait quelque chose de vrai, de plus touchant. De plus simple aussi en quelque sorte. Avec ce genre de pièce c’est la crédibilité qu’on vient chercher, comédie ou non. Un goût d’inachevé me concernant. D’autant que le fantôme n’apporte pas grand chose à l’histoire, à part peut-être de pousser Paul vers Valentin.

La pièce n’évite pas quelques uns des écueils habituels sur les gays, loin de la réalité du quotidien de la plupart des intéressés, ce qui a toujours tendance à m’irriter : les sorties en boîte gay, la fille à PD, la drag-queen, le jeune provincial chaud de la braguette, le sexe instantané (à l’exception notable du personnage principal)… Somme toute on est passé à côté du stéréotype de la folle, ce qui est déjà pas si mal. J’attends avec impatience que quelqu’un se décide à écrire une histoire crédible, hors milieu et sans personnages caricaturaux, comme dans TANGO AU BORD DE MER par exemple.

UN CASTING DISPARATE MAIS SOUDÉ

Un petit mot sur l’interprétation, inégale, des interprètes. Autant être honnête je ne suis pas du tout fan de l’interprétation de SANCHEZ sur laquelle je ne m’étalerai pas.  Solène GENTRIC excelle dans son rôle de nympho même si elle en fait beaucoup (trop ?). Certes je n’apprécie pas particulièrement les personnages excentrique à outrance mais il faut bien évoluer qu’ils font une très bonne matière à comédie. En fantôme Stéphane HENRIOT est juste et interprète son personnage avec sobriété. Dans le rôle de Valentin Nicolas MAZZOCO a de la présence mais quelques tics de jeu plutôt gênants font que le naturel n’est pas toujours au rendez-vous. En meilleur ami Gérard LOPEZ s’en sort avec les honneurs et Evelyne WALTER se dédouble avec plus ou moins de réussite avec un personnage raté (et caricatural) de productrice et celui plus plus comique de la mère de qui se re-découvre une vie sexuelle. Une troupe disparate et complémentaire qui défend la pièce avec une belle énergie.

En conclusion, saluons l’audace de la compagnie Angel’s Factory de monter ce type de pièce et le capital sympathie de la troupe. Pour autant à l’évidence c’est une impression de rendez-vous manqué qui est ressenti à la fin de la représentation, l’auteur peinant à trouver un juste équilibre entre émotion et comédie. Sans compter les écueils habituels sur les gays, contre lesquels je renoncerai jamais à l’exigence la plus totale.

Un mélange des genres mi figue-mi raisin entre clichés et recherche d'émotion. Click To Tweet

EN SAVOIR PLUS
A l’affiche jusqu’au 31/12/16 au Théâtre Clavel.
De Jérôme Sanchez.
Avec Jérôme Sanchez, Nicolas Mazzocco, Stéphane Henriot, Solène Gentric, Gérard Lopez, Evelyne Walter.
Mise en scène François Rimbau, Fabien Le Mouël.
Durée : 1h20.

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