Columbo
Retrouvez le plus célèbre des Lieutenants, sous les traits de Martin Lamotte ! Roy Flemming croit réaliser le crime parfait en assassinant son épouse avec la complicité de sa maîtresse. Mais c'est sans compter la perspicacité de Columbo qui traque le moindre petit détail qui le tracasse.
3.5INTRIGANT

Saviez-vous qu’avant d’être la série TV à succès que l’on connaît COLUMBO était une pièce de théâtre ? Moi, non. Aussi l’annonce d’un retour aux sources avec Martin LAMOTTE dans le rôle titre et Didier CARON à la mise en scène suscitait-elle ma curiosité. D’autant que c’est le tout premier épisode de la série (enfin du “feuilleton” pour revendre le terme de l’époque) du célèbre inspecteur lieutenant, Meurtre sous prescription, qui est adaptée sur la scène du Théâtre Michel. La rendu final n’est clairement pas dénué d’intérêt et m’a donné l’impression de regarder un épisode de la série, ce qui est en soit le signe d’un pari réussi mais également celui d’une expérience théâtrale qui est peut-être (légèrement) passée à côté de son sujet.

NOSTALGIE QUAND TU NOUS TIENS

On connaît tous la particularité d’un épisode de Columbo : dévoiler dans les toutes premières minutes l’identité du meurtrier et assister au détricotage de son plan machiavélique par un Columbo perspicace qui ne laisse passer, vous vous en doutez, aucun des petits détails qui le chiffonne. Cet épisode ne déroge pas à la règle et c’est ainsi que la pièce s’ouvre sur le générique de la série (on est plongé tout de suite dans l’ambiance !) et sur Ray Flemming (Pierre AZEMA), psychiatre de son état, en train d’assassiner sa future victime. Effets sonores et atmosphère à la Columbo garantis. Un petit côté nostalgie qui est, avouons-le, fort plaisant !

Mais comme tout bon épisode de Columbo qui se respecte l’histoire, bien qu’intrigante et construite efficacement (elle est d’ailleurs signée William Link, auteur de plusieurs épisodes de la série) manque de rythme (Columbo n’ayant jamais été réputé pour ses scènes d’action). Un manque accentué par la mise en scène et les nombreux (et longs !) changements de décor qui viennent ralentir l’action et font inévitablement retomber l’attention du spectateur. A la décharge du metteur en scène Didier CARON (dont j’avais apprécié le travail sur COIFFURE & CONFIDENCES) je conçois que ce n’est pas évident de tenter d’insuffler un tempo plus soutenu sans dénaturer le rythme volontairement indolent de la série. Ainsi, si on suit avec plaisir la découverte par Columbo des petits indices improbables trahissant le meurtrier, il n’en reste pas moins que le suspense n’est au final pas moins soutenu que prévu.

LAMOTTE ÉVITE LA CARICATURE

Pour donner vie au personnage la production a donc fait appel à Martin LAMOTTE. Un choix qui n’est pas forcément une évidence, le bonhomme étant habituellement plus enclin à la comédie. J’avais donc quelques appréhensions quant à son interprétation : pour que la pièce fonctionne il ne fallait surtout pas qu’il nous propose une pâle copie du Columbo d’origine. Fort heureusement ce ne fut pas le cas : LAMOTTE apporte à son personnage juste ce qu’il faut pour en faire un Columbo crédible (tics de langages, allure et accessoires aidant) sans pour autant tomber dans une caricature grotesque de Peter FALK. Pierre AZEMA, reconnaissable à sa voix et son phrasé singulier, campe un vilain de série impeccable. L’homme démontre une nouvelle fois qu’il peut s’approprier n’importe quel type de personnage. Face à ce duo les deux autres comédiens sont plus en retrait, et semblent plus détachés.  Enfin, je regrette l’absence du non-moins célèbre compagnon d’enquête de Columbo, Le Chien, qui, s’il est mentionné au même titre que sa femme, n’apparaît pas sur scène à ses côtés (pas évident de diriger un canidé !).

Je vous invite donc à découvrir cette adaptation de Columbo avant d’attaquer les rediffusions de TMC qui font, je crois comprendre, d’excellentes audiences actuellement. Si le suspense n’est pas à couper au couteau (parions d’ailleurs que les Experts {insérer ici la ville de votre choix} auraient découvert la supercherie avant la première pub!) on passe quand même une agréable soirée. Saluons enfin le Théâtre Michel pour sa programmation alternative qui change des éternelles grosses comédies sans saveur.
Une adaptation théâtrale réussie de Columbo mais un manque de rythme qui casse un peu le suspense. Click To Tweet

EN SAVOIR PLUS
A l’affiche jusqu’au 18/03/17 au Théâtre Michel.
De William Link, Richard Levinson.
Avec Martin Lamotte, Karine Belly, Pierre Azéma, Augustin de Monts.
Mise en scène : Didier Cardon.
Durée : 1h35.

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