Ancien Malade des Hopitaux de Paris
Cette nuit-là, le docteur Galvan trouva la foi médicale, la perdit, la retrouva, la perdit à nouveau, et ainsi de suite car la nuit fut longue. Il fallait qu'il le raconte à quelqu'un. Désolé que ce soit vous. Baptisé monologue gesticulatoire par Daniel Pennac, la nouvelle Ancien malade des hôpitaux de Paris est une pantomime verbale dont chaque phrase est un geste et qui va comme un gant de chirurgien au talent protéiforme de Olivier Saladin, ex- complice des Deschiens et des Deschamps.
2.0DECEVANT

Il m’arrive parfois d’être influencé par les critiques spectateurs dans mes choix de spectacles, surtout quand elles sont unanimement positives. Bien souvent je ressors de la salle intéressé, conquis, et au taquet pour prêcher à mon tour la bonne parole. Puis, plus rarement, je repars perplexe en m’interrogeant sur les raisons du pataquès exercé autour du spectacle et sur ce qu’ont pu voir les autres spectateurs que je n’ai pas vu moi, ou ressenti, du fond de mon siège. C’est le cas de ANCIEN MALADE DES HÔPITAUX DE PARIS, interprétée par Olivier SALADIN au très agréable Théâtre de l’Atelier, encensée par la critique mais qui m’a laissé fort perplexe. Pire, je m’y suis copieusement ennuyé ! La faute au texte de Daniel PENNAC que j’ai trouvé daté, répétitif et globalement sans intérêt. Oui, je suis au regret d’avouer que je fais parti de la minorité silencieuse qui n’a pas apprécié cette consultation collective.

N’EST PAS DR HOUSE QUI VEUT

SALADIN interprète le Docteur GALVAN, médecin urgentiste dans un grand hôpital, qui se remémore sa nuit la plus incroyable vécue aux urgences. Une histoire rocambolesque, burlesque même, qui démarre en fanfare pendant le premier quart d’heure avant de s’enliser petit à petit dans un comique de situation répétitif qui n’a pas réussi pas à maintenir mon intérêt sur le long terme (de fait j’ai inévitablement sombré dans l’ennui). Sous couvert d’une tentative de résolution d’un cas complexe nécessitant l’expertise de médecins spécialisés PENNAC a écrit une pièce sur le milieu médical pas vraiment palpitante, et encore moins pertinente. A l’époque des séries médicales d’excellente qualité comme Dr House  j’ai trouvé le propos de la pièce et l’histoire finalement assez datés, tout comme sa vision clichée (mais probablement véridique) des médecins qui est censée nous faire rire. Mais c’est un humour daté lui aussi que l’on nous propose, un humour qui ne m’a arraché que quelques rares sourires puisque basé sue la même situation qui se répète de scène en scène… jusqu’à épuisement. Je suis quand même bien obligé d’avouer que la salle semblait être en transe, ce qui prouve qu’en matière d’humour chacun voit midi à sa porte.

wpid-wp-1428585220982L’interprétation énergique d’Olivier SALADIN n’a pas permis non plus de maintenir mon attention. S’il faut louer la performance (le comédien a d’ailleurs été nommé aux Molières 2016) force est de constater que celle-ci tourne rapidement à la vocifération du texte, sans réelle nuance dans l’interprétation des personnages : tout est un peu joué sur le même registre et souvent avec une excitation excessive, voire un excès injustifié. Il est clair que le comédien se donne à fond et ne se ménage pas, je regrette simplement  que sa ferveur et son enthousiasme ne compensent pas l’absence total d’intérêt du texte. Notons tout de même la très belle mise en scène, inventive et millimétrée, qui lui permet, notamment de bien occuper l’espace de cette grande scène de l’Atelier. Seule la chute, dont on ne se saurait pas douter (c’est assez rare pour le souligner) apporte un peu de couleur pastel  à cette triste entreprise.

FIN DE NON RECEVOIR

Peut-être n’étais-je pas dans les meilleures dispositions ce soir-là… Sans doute aussi qu’en matière d’humour j’attends d’être vraiment plus surpris. Enfin, peut-être aussi que les critiques, unanimes et dithyrambiques, m’avaient conditionné à aimer ce spectacle avant même d’aller le voir et que de fait la désillusion en fut d’autant plus grande. Toujours est-il que je suis ressorti avec la désagréable impression d’être passer à côté de quelque chose… Heureusement que la présence d’Olivier SALADIN et le twist final ont réussi à sauver la soirée. Une chose est sûre : je ne suis pas prêt de revenir en consultation.

EN SAVOIR PLUS
Ancien Malade des Hôpitaux de ParisA l’affiche jusqu’au 02/07/16 au Théâtre de l’Atelier.
De Daniel Pennac.
Avec Olivier Saladin.
Mise en scène : Benjamin Guillard.
Durée : 1h15.

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