Maris Et Femmes
A New-York, l'horloge des femmes s'emballe aussi vite qu'ailleurs et chez les hommes le démon de midi est tout aussi ponctuel. Sous nos yeux, deux couples vont traverser en un temps record tout le spectre de la remise en question, vous offrant une chronique conjugale à la sauce New-Yorkaise où tout devient savoureusement extravagant grâce à l'esprit inimitable de Woody Allen.
3.5ALLENIEN

Direction la salle Rejane du Théâtre de Paris pour MARIS ET FEMMES une pièce chorale adaptée du film de 1992 de Woody ALLEN. Si la trame narrative, sans grande surprise, est fidèle aux thèmes prisés par Sir Woody, l’exécution est franchement réussie grâce à une mise en scène astucieuse et un casting sans fausse note (ou presque).

UNE THÉMATIQUE ALLENIENNE

Quand on va voir du Woody ALLEN, que ça soit au cinéma ou au théâtre, on sait que l’on va invariablement assister à la remise en question de couples en pleine crise, qui s’aiment et se déchirent, qui se séparent et se remettent ensemble à la fin (ou pas). MARIS ET FEMMES ne déroge pas à la règle. C’est ainsi que la pièce débute par l’annonce de la séparation à l’amiable de Jack et Sally (interprétés respectivement par Marc FAYOT et Florence PERNEL) au cours d’un dîner avec leur couple d’amis Gabe et Judy (José PAUL et Hélène MEDIGUE), qui de son côté a son lot de problèmes conjugaux aussi comme vous pouvez l’imaginer. Rien de bien original donc.

Sauf que le point fort de Woody ALLEN c’est les personnages. Bien construits, crédibles, rarement manichéens, ils ont des failles comme chacun d’entre-nous, que l’auteur exploite allègrement grâce à son humour particulier et son sens des dialogues. L’écriture est précise et les mots choisis : on rit des situations dans lesquelles s’empêtrent les personnages et des réactions qui en résultent. L’humour est fin, subtil mais abordable ! MARIS ET FEMMES est une pièce que l’on apprécie avec simplicité. Pas besoin d’intellectualiser son plaisir. Du théâtre qui ne se regarde pas le nombril en quelque sorte et à ce titre l’adaptation de Christian SIMEON est réussie. Évidemment, les personnes hermétiques à l’univers particulier de Woody ALLEN trouveront ici un intérêt tout relatif.

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Les dialogues sont servis par un très beau casting. Florence PERNEL, d’abord, parfaite dans son personnage de femme rigide (et frigide). Elle apporte à son rôle un brin de folie typiquement Van de Kampien. José PAUL ensuite, au meilleur de sa forme. Le type a le sens du rythme et de la comédie tout en débitant son texte avec un naturel confondant. Il colle parfaitement au rôle que s’était réservé Woody dans la version cinématographique. Mais également Emmanuel PATRON que j’avais fort apprécié dans HOLLYWOOD (entre autres) et Hélène MEDIGUE dont les monologues sont des petites pépites. Le reste du casting ne m’a pas spécialement convaincu.

UNE MISE EN SCÈNE MODERNE ET PERTINENTE

Tous ces comédiens sont mis en valeur par une excellente mise en scène, dynamique et astucieuse. En lieu et place des 2 ou 3 scènes habituelles on assiste à une succession de scènettes qui s’enchaînent sans interruption. Quand, en fin de scène, des acteurs sortaient par la droite, d’autres entraient par la gauche pour la scène suivante et ainsi de suite. Un vrai petit film sur scène ! Je tire mon chapeau au metteur en scène de Stéphane HILLEL. Une mise en scène qui s’articule autour d’un décor de prime abord assez laid et froid, composé de cubes et de colonnes représentant les buildings de Manhattan, mais qui s’anime grâce à un jeu de lumière réussi et à des effets sonores réalistes et adaptés à chaque scène. Parfait pour mettre dans l’ambiance et donner du dynamisme à la pièce !

Un dernier mot sur cette salle Rejane, parent pauvre de la grande salle du Théatre de Paris, dont la scène est agencée de façon à ce que l’on voit particulièrement bien quelle que soit sa place dans la salle (et quelle que soit sa catégorie). Sa programmation est pertinente et bien souvent meilleure que dans la salle mère (dans laquelle se joue actuellement L’ENVERS DU DECOR). En plus le vestiaire est offert et le placement est inclus (interdiction de donner une petite pièce à l’ouvreuse). Que demander de plus.

EN SAVOIR PLUS
MARIS ET FEMMESA l’affiche jusqu’au 06/03/16 au Théâtre de Paris.
De Woody Allen, Christian Siméon.
Avec Florence Pernel, José Paul, Hélène Médigue, Marc Fayet, Astrid Roos, Emmanuel Patron, Alka Balbir.
Mise en scène Stéphane Hillel.
Durée : 1h15.

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