Cousins Comme Cochons
Comme tous les mercredis, Monsieur Félicien de Tartasse part à la chasse de 14h à 18h, et pendant ce temps là, comme tous les mercredis, Lucienne de Tartasse, sa femme, reçoit son amant. Seulement ce jour-là, Monsieur décide de rentrer deux heures plus tôt que prévu... Une comédie boulevardo-vaudevillo-musicale servie par huit comédiens-chanteurs, le tout relevé à souhait et accompagné d'un pianiste. Et d’un piano !
5.0COUP DE COEUR

Pour ma seconde incursion au Splendide quelques semaines après la bonne surprise De Vrais Gamins je suis tombé sur une perle ! Une perle, que dis-je, la perle ! Si le pitch de la pièce ne semble pas, sur le papier, spécialement vendeur (un vaudeville ce n’est jamais très glamour), je vous l’affirme haut et fort, COUSINS COMME COCHONS, proposée par la très prolifique Troupe à Palmade, est une réussite totale ! Une pièce d’une originalité folle, pleine de second degré, de jeux de mots en dessous de la ceinture, de moments absurdes et de chansons (et chorégraphies !) hilarantes. Une parenthèse (en)chantée qui mérite sans hésitation le double titre de coup de coeur Face À La Scène et, ne mâchons pas nos mots, de comédie de l’année !

UN VAUDEVILLE 2.0

Partant d’un postulat plutôt classique de vaudeville (on y retrouve le mari cocu ou l’amant dans la placard,…), l’auteur Nicolas LUMBRERAS nous propose une comédie politiquement incorrect  qui surprend par son son ton décalé, sa bonne humeur communicative et sa mise en scène. Clairement on a affaire à un ovni théâtral qui nous emmène dans un univers parodique d’une richesse folle, à l’humour potache, souvent en dessous de la ceinture mais pas que, et où les personnages se mettent à chanter à danser. C’est original, c’est léger, et surtout c’est drôle et ça fait du bien ! On rit littéralement du début à la fin, enfin une vraie comédie populaire ! Si l’interprétation est volontairement outrancière, à base d’apartés de type “Ciel mon mari !”, la mise en scène, à la fois très moderne et désuète, apporte un charme fou à la pièce. Félicitons l’auteur  pour son travail remarquable. D’autant qu’il mouille le maillot en accompagnant au piano la petite troupe (il assure une prestation en live c’est assez rare pour le souligner) et en nous proposant des chansons entraînantes, dont les paroles à la fois légère et drôles apportent un vent de fraîcheur à une pièce qui n’en manque pas.

ccc

Sans oublier chorégraphies et gags visuels délirants de premier ou d’arrière-plan… Une vraie pièce à tiroirs avec plusieurs niveaux de lecture qui nécessite une attention de tous les instants ! On doit inévitablement rater des petites pépites ça et là. De facto une seconde séance s’impose !

UN IRRÉSISTIBLE PETIT CANARD AU MILIEU DES COCHONS

La pièce ne serait pas aussi réussie sans son casting à l’énergie débordante : (par ordre alphabétique) Emmanuelle BOUGEROL en servante maladroite, hilarante de naïveté. Je la découvre sur cette pièce et j’attribue d’entrée un mini coup de coeur théâtral à la comédienne et son personnage. La prestation de Christophe CANARD (que j’avais apprécié dans J’AIME BEAUCOUP CE QUE VOUS FAITES) dans le rôle titre du mari cocu est exemplaire. L’homme est multi-casquette, chante,  danse (dans la limite de ses moyens !),  joue les naïfs à la perfection et nous honore d’une anecdote à la Préfecture à vous faire pleurer de rire (“You tampoune le paper !”). Sa femme sur la scène, Constance CARRELET (vu récemment dans l’excellent DE VRAIS GAMINS)  livre une prestation délurée au timing parfait. Sans oublier Lionel ERDOGAN l’amant gâté par la nature, Benjamin GAUTHIER le préfet acariâtre ou Yann PAPIN le jardinier “italien” dont la chanson est culte ! Enfin NICOLAS LUMBRERAS lui-même participe au délire général : ses mimiques dans la scène de revente du sanglier sont à ne pas manquer.

Elles sont rares les comédies qui provoquent bonne humeur et éclats de rire plusieurs jours après la représentation. Encore plus rares quand elles intègrent des interludes musicaux délirants, dont l’air vous trotte dans la tête sans discontinu. Qu’on se le dise Nicolas LUMBRERAS signe ici un chef d’oeuvre de la comédie ! Une potacherie vaudevillesque qui a un bon-goût de “retournes-y”. Gageons que la seconde fois sera encore meilleure que la première.

EN SAVOIR PLUS
COUSINS COMME COCHONS

A l’affiche jusqu’au 12/11/16 au Théâtre du Splendid.
De Nicolas Lumbreras.
Avec Christophe Canard ou Serge Da Silva, Constance Carrelet, Emmanuelle Bougerol, Lionel Erdogan, Johann Dionnet, Benjamin Gauthier, Rudy Milstein ou Yann Papin, Nicolas Lumbreras ou Jean-Baptiste Artigas.
Mise en scène Nicolas Lumbreras.
Durée : 1h25.

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