La Vallée de la Peur
Un crime sanglant, des indices étranges et une terrible vengeance… Telle est la nouvelle affaire très mystérieuse qui est confiée au grand Sherlock Holmes. Qui a tué John Douglas et quel était son secret ? Le dangereux Moriarty a-t-il commandité le crime ? L’inspecteur Mac de Scotland Yard et le caustique White Mason semblent déroutés. Mais Holmes, comme toujours aidé de son fidèle Watson, détient la solution de l’énigme !
3.5ELEMENTAIRE

Manoir de Birlstone, le 7 janvier 1891. Un crime sanglant, des indices étranges… Mais qui a tué John Douglas et quel était son secret ? Le dangereux Moriarty a-t-il commandité le crime ? Telle est la nouvelle affaire très mystérieuse confiée au grand Sherlock Holmes et à son fidèle Watson au Vingtième Théâtre jusqu’au 3 juillet prochain. Avant de rentrer dans le vif du sujet un mot sur ce sympathique Vingtième Théâtre menacé de disparition. La salle se prête à une programmation éclectique et s’ouvre bien volontiers aux scolaires aussi sa (possible) fermeture programmée me désole-t-elle grandement. Je vous invite donc à signer la pétition pour les soutenir dès aujourd’hui. Mais revenons à la pièce, une petite production de qualité mise en scène par Nathalie VANNEAU à laquelle on prend plaisir à assister. Pour autant dommage qu’il ne s’agisse pas de l’histoire la plus palpitante de Arthur Conan DOYLE. Attention, vous allez pénétrer dans LA VALLÉE DE LA PEUR… 

UNE HISTOIRE LOIN D’ÊTRE PALPITANTE

Je ne sais pour vous mais j’ai tendance à trouver les adaptations de Sherlock Holmes, au théâtre comme au cinéma, rarement réussies. Pour autant ce n’est pas le cas de cette adaptation-ci que j’ai trouvé fort sympathique : pour nous raconter ce chapitre de la vie du célèbre détective la production a eu à coeur de reconstituer une ambiance très british en proposant de beaux décors, d’élégants costumes et une scénographie adaptée. L’enquête minutieuse qui nous est proposée est servie par des comédiens de qualité (on en reparle un peu plus loin) mais l’histoire, loin d’être dénuée d’intérêt, ne tient pas spécialement en haleine pour autant et ne décolle finalement jamais vraiment. Tout l’intérêt réside donc dans les indices distillés tout au long de la pièce qui fait que malgré tout on prend grand plaisir à essayer de démêler le vrai du faux, le coupable des suspects. A mon sens ni le casting ni la mise en scène (sobre pour permettre de se concentrer sur l’enquête) ne sont en faute c’est juste que ce n’est pas l’aventure la plus captivante de Sherlock Holmes et qu’elle pâtit notamment de l’absence de réelle tension dramatique.  Même la chute finale ne relève pas le niveau et déçoit inévitablement, une chute qui intervient d’ailleurs un peu comme un cheveu sur la soupe, et dont les justifications apportées m’ont paru alambiquées voire soporifiques. Pour l’anecdote je ne suis pas non plus très fan du titre, un brin cliché, qui a mon sens ne colle pas du tout à l’histoire.

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UN SHERLOCK CREDIBLE

Un mot sur l’interprétation notamment celle de Julien VIALON dans le rôle titre et que j’ai trouvé fine, élégante et investie. Ce comédien anglophile apporte juste ce qu’il faut au personnage pour lui donner vie de manière crédible et mesuré. Watson, son alter ego de toujours, interprété par Marc SAMUEL lui donne la réplique avec conviction et nous propose un personnage loin de la caricature habituelle (la pièce nous le présente davantage comme un complice indispensable de Holmes que comme faire valoir). Par contre je n’ai pas spécialement apprécié les parties de l’histoire contées par ses soins, debout face au public, qui, si elles remettent l’histoire en perspective en terme de contexte historique, n’apportent pour autant pas grand chose et génèrent à mon sens des lenteurs supplémentaires. J’ai aussi ressenti un petit coup cœur (artistique) pour Pierre-Louis JOZAN (Mac) dont l’interprétation et l’intensité m’ont séduit. Les autres comédiens (dont le metteur en scène qui met la main à la patte en interprétant la femme du défunt) font le job sans faire d’étincelles, à l’exception de Vincent DESPRAT (dans le rôle du meilleur ami de John Douglas) dont le jeu robotique et peu naturel m’a beaucoup gêné (évidemment je rappelle une nouvelle fois qu’il s’agit toujours d’un point de vue purement subjectif).

Cette nouvelle adaptation théâtrale du roman de Arthur Conan DOYLE n’a pas à rougir de ses prédécesseurs. Certes il ne s’agit pas comme je l’ai déjà précisé de l’aventure la plus captivante de Sherlock Holmes (encore une fois le dénouement est plutôt décevant) mais néanmoins elle est réalisée avec grand soin par une troupe motivée. Et si le rythme est lent (typique du style de l’auteur d’ailleurs) on ne s’ennuie pas pour autant une seule seconde. Attention, il ne vous reste quelques dates pour vous laisser tenter. Pour conclure cette critique un peu de trivia : saviez vous que la célèbre réplique « Élémentaire, mon cher Watson ! » ne figure en fait dans aucun épisode des aventures du célèbre détective. La réplique a en effet été popularisée par le premier film consacré à Sherlock Holmes (« Le Retour de Sherlock Holmes » en 1929) et par la série radio américaine qui a suivi quelques années plus tard. On en apprend tous les jours.

EN SAVOIR PLUS

LA VALLEE DE LA PEUR

A l’affiche jusqu’au 02/07/16 au Vingtième Théâtre
De Sir Arthur Conan Doyle
Avec Christophe Guillon, Vincent Desprat, Pierre-Louis Jozan, Cédrick Lanoë, Marc Samuel, Julien Vialon, Nathalie Veneau.
Mise en scène : Nathalie Veneau
Durée : 1h30

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